Jean Jouzel

Apporter les meilleures réponses possibles aux conséquences dévastatrices du changement climatique : c’est l’un des axes prioritaires du groupe nîmois Bas-Rhône Languedoc (BRL). L’intervention du climatologue et Prix Nobel de la Paix Jean Jouzel (photo), le 26 mai lors du dernier salon Hydrogaïa au parc des expositions de Montpellier, a apporté de l'eau au moulin de la compagnie, en confirmant la nécessité d'agir rapidement.

« Si rien n’est fait pour lutter contre le réchauffement climatique, on peut anticiper une hausse moyenne des températures de 4 à 5°C sur le pourtour méditerranéen d’ici la fin du siècle (…) et une diminution des précipitations pouvant atteindre 30 à 40%, accompagnée d’une augmentation de l’évaporation et du nombre de jours de vague de chaleur, ce qui entrainera de nouvelles contraintes concernant l’accès à la ressource en eau. » Le climatologue et glaciologue Jean Jouzel, invité d’honneur du dernier salon Hydrogaïa, n’y est pas allé par quatre chemins pour prévenir des dangers qui se profilent à un horizon qui n’est pas si lointain que cela.

Intervenant sur le thème de la « gestion des ressources en eau dans le contexte des changements globaux » avec pour focus le bassin méditerranéen, le Prix Nobel de la Paix en 2007 et médaillé d’or du CNRS a, au travers de ses propos, validé la stratégie adoptée par BRL, un spécialiste de la gestion de l’eau sous toutes ses formes.

Le changement climatique va en effet provoquer dans les régions méditerranéennes des baisses sévères des précipitations. Le conseil régional du Languedoc-Roussillon – Midi-Pyrénées a donc décidé de prendre les devants. Comment ? En engageant l’opération Aqua Domitia. Ce vaste programme, confié à BRL, vise à sécuriser l’alimentation en eau du Rhône, principalement, de territoires menacés par la sécheresse. Ce chantier d’un montant de 100 M€ complètera le réseau hydraulique régional qui desservira, grâce à ce nouvel investissement, 300 communes, soit 50 de plus.

Autre avantage non négligeable : Aqua Domitia permettra de soulager des ressources locales en eau qui seront de plus en plus souvent sous pression. Mais, pas question de laisser place à la gabegie. « Le changement climatique nécessite d’apprendre à consommer moins d’eau et de s’adapter en créant de nouveaux modes de gestion et de nouvelles infrastructures », insiste-t-il. D’où Aqua Domitia. Jean Jouzel, c’est vrai, en est persuadé : avec le réchauffement, « les rendements agricoles fléchiront. »

Pour autant, Aqua Domitia doit également satisfaire « outre une agriculture irriguée durable et précautionneuse de l’utilisation en eau, des usages industriels et de loisirs, en particulier au niveau des golfs, des campings et toutes les activités touristiques qui nécessitent de l’eau. Ainsi que sécuriser l’alimentation en eau potable, notamment dans les stations du littoral  », ajoute Jean-François Blanchet.

L’amenée d’eau, que BRL déploie entre Hérault et Aude, n’est cependant qu’un des programmes du groupe, destinés à répondre au dérèglement climatique. La compagnie s’est en effet emparée d’un autre sujet, majeur : la submersion marine et les inondations. Lors de son intervention à Hydrogaïa, Jean Jouzel l’a martelé : « Le niveau de la mer devrait augmenter de près d’un mètre sur certaines zones, ce qui peut s’avérer très problématique pour des régions comme la Camargue par exemple. »

Là encore, BRL a sa réponse : WIMES, un écosystème permettant de travailler sur l’ensemble des problématiques liées à l’eau, des écoulements aux inondations en passant par les submersions. Cet ensemble d’outils a vocation à collecter des données depuis le large jusqu’à la bande côtière, pour faire des calculs et des simulations. Bref, rendre possible une analyse globale, afin de mieux comprendre, notamment, comment se produit une catastrophe climatique majeure.

Quant aux inondations, Jean Jouzel n’est pas plus optimiste. « Nous risquons d’assister à une augmentation des événements extrêmes de types cévenols car ceux-ci sont influencés par le réchauffement de la Méditerranée », prévient-il. BRL s’en préoccupe d’ailleurs depuis 2003, année où le groupe a créé avec la société toulousaine EADS Astrium (Spot Image) et Météo France un outil totalement inédit : Predict, un service complet d’assistance aux collectivités en matière de prévention des catastrophes naturelles, de connaissance du risque et d’aide à la gestion des crises.

 BRL serait donc un groupe précurseur ? Sans nul doute. C’est que le Languedoc-Roussillon, le territoire où la compagnie est née en 1955, s’est toujours attachée à trouver des réponses, afin de perpétuer des activités humaines soumises à des événements climatiques et météorologiques majeurs, entre sécheresse, inondations à répétition, phénomènes cévenols et érosion du trait de côte… Autant de sujets dont s’est chargé BRL au cours de son histoire. Le groupe est donc configuré pour imposer ses solutions face aux effets du changement climatique. A 60 ans, il entame donc une nouvelle vie. Plus que jamais. Que demander de plus ?

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